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Épargne des ménages et fonds propres : le Trésor plaide pour le long terme

Lors d’une conférence labellisée G7, Bertrand Dumont et Dorothée Rouzet ont plaidé pour davantage de fonds propres et d’épargne longue. Aucune mesure ni aucun calendrier ne sont annoncés.

Karim Saïdi Par Karim Saïdi
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Épargne des ménages et fonds propres : le Trésor plaide pour le long terme
Un bocal de pièces étiqueté « SAVINGS », avec une calculatrice à l’arrière-plan, illustre le thème général de l’épargne.

Le Trésor souhaite que l’épargne des ménages européens alimente davantage les fonds propres et l’investissement de long terme, aux côtés d’un crédit bancaire que sa cheffe économiste juge toujours essentiel. Aucune mesure ni aucun calendrier n’accompagnent encore cette orientation, exposée lors d’une conférence consacrée au financement des entreprises européennes.

En bref

  • La conférence s’est tenue début octobre, à l’initiative de l’Institut Louis Bachelier et de l’Observatoire de l’Épargne Européenne.
  • Dorothée Rouzet anticipe une forte hausse des besoins d’investissement dans les prochaines années.
  • Bertrand Dumont juge l’épargne européenne abondante mais trop peu tournée vers le long terme.
  • Les États membres s’accordent sur l’objectif, pas encore sur les moyens.

Une conférence labellisée G7 avec deux voix du Trésor

Le rendez-vous s’est tenu début octobre, le 6 selon le compte rendu du Trésor. Il était consacré à la mobilisation de l’épargne de long terme au service des entreprises européennes et s’est tenu à l’initiative de l’Institut Louis Bachelier et de l’Observatoire de l’Épargne Européenne, avec un label G7. Comme le rapporte la Direction générale du Trésor, deux de ses responsables y ont pris la parole : Bertrand Dumont, directeur général du Trésor, et Dorothée Rouzet, cheffe économiste.

Cette dernière intervenait lors de la session intitulée « Besoins de financement des entreprises ». Son propos de départ tient en une idée : les mutations de l’économie passeront d’abord par la question de leur financement.

Des besoins d’investissement qui dépassent le seul crédit

Selon Dorothée Rouzet, les sommes à investir vont fortement progresser ces prochaines années sous l’effet de cinq chantiers : la transition écologique, le numérique, la réindustrialisation, la souveraineté économique et la défense. Elle juge que le financement par les banques restera essentiel.

Rendez-vous autour d’une table en bois : un homme présente une tablette posée sur des documents à une femme en rouge, les mains jointes.
Autour d’une table en bois, un échange avec une tablette et des documents papier, dans un cadre de rendez-vous professionnel. Source : Pexels. Photographe : Kampus Production. Licence Pexels.

D’où la nécessité, à ses yeux, de renforcer deux autres leviers, les fonds propres et les financements longs, en sollicitant plus largement l’épargne des ménages. L’objectif affiché consiste à diriger l’argent déjà disponible vers des investissements productifs, ceux qui préparent l’avenir de l’économie.

Pour mémoire, un prêt se rembourse selon un échéancier, quand des fonds propres entrent au capital de l’entreprise.

Une épargne abondante mais mal aiguillée

En refermant la matinée, Bertrand Dumont a posé un diagnostic : l’Europe ne manque pas d’épargne, elle l’oriente encore trop peu vers le long terme. Or les besoins européens, a-t-il souligné, sont considérables, qu’il s’agisse des transitions écologique et numérique, de la compétitivité ou de la souveraineté.

Pour corriger ce décalage, il compte sur l’Union de l’épargne et de l’investissement. Ce projet doit faciliter l’investissement de long terme et rapprocher davantage les marchés de capitaux des différents pays. Le directeur général a aussi insisté sur un point très concret : que les entreprises européennes puissent lever sur le continent les capitaux qui financent leur croissance et leur changement d’échelle.

Les pistes évoquées et ce qui reste ouvert

Pour y parvenir, le directeur général du Trésor a cité plusieurs leviers :

  • mieux mobiliser l’épargne longue ;
  • impliquer davantage les investisseurs institutionnels ;
  • prolonger des initiatives comme Tibi, afin de faire naître des fonds européens capables de suivre les entreprises jusqu’aux tours de table les plus importants.

Ces pistes visent des entreprises appelées à grandir, jusqu’aux plus grands tours de financement. Sur un autre registre, nous avons consacré un article au financement participatif des petites entreprises.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Towfiqu barbhuiya. Licence Pexels.